
D’une image à l’autre : l’adolescent et les films.
La relation des adolescents à l’image cinématographique est riche, aventureuse et beaucoup plus “active” que ne le laissent entendre les habituels clichés consuméristes. En témoignent tous ceux qui accompagnent les adolescents dans leurs désirs de pratique, d’analyse et de découverte d’autres images…
Une place pour la réflexion
Cette dimension sociologique n’échappe pas au regard de l’industrie du cinéma. Elle n’a d’yeux que pour ce public “groupé”, très réceptif aux médias (donc à la publicité) et qui communique à grande vitesse par le bouche-à-oreille. Elle évalue ses goûts, analyse ses comportements afin de concevoir des produits de plus en plus “ciblés”.
Les derniers en date se nomment “Teen-movie”. Des films de genre très divers, allant de la comédie sexy à l’horreur en passant par la romance, dont la quasi-totalité des protagonistes se compose de jeunes gens. Le concept n’a rien de nouveau, à ce détail près : l’affiche, sur laquelle s’alignent désormais des ribambelles de visages adolescents.
Tous les ados y trouvent-ils leur compte ? “Mon point de vue sur la société et les médias, la façon dont ils nous considèrent, n’a rien de positif” déclare Na’J Nas, 19 ans, musicien et cinéaste (voir encadré). “On nous considère comme des consommateurs, rien d’autre.” Force est de constater que les médias, lorsqu’ils s’intéressent aux adolescents, les présentent d’abord comme les “premiers consommateurs d’images”. Un simple constat, a priori, mais qui s’avère à la longue pernicieux. Ne suggère-t-il pas que la réflexion n’a aucune place - ou mineure - dans les rapports que peut entretenir l’adolescent avec le monde des images ? De fait, l’étape suivante consiste à dénoncer “l’excès de consommation” (cf. l’entretien avec Jean-Jacques Poncelet), en attribuant respectivement aux images et aux adolescents deux (mauvais) rôles, deux statuts restreints : celui de l’image-modèle et de l’adolescent-copieur. Posées ainsi, les choses semblent caricaturales et mériteraient bien sûr un débat plus approfondi. Il semble tout aussi nécessaire d’aborder ici d’autres aspects du rapport à l’image, ceux qui mettent en jeu les capacités d’ouverture et de réflexion des adolescents. Un adolescent s’interroge sur tout - la vie, la sexualité, la politique, etc -, les images sont autant de sources et de vecteurs à sa réflexion.
Et pour prolonger celle-ci, il est prêt à s’ouvrir à des images inconnues. “On peut montrer beaucoup de choses aux adolescents, il y a chez eux une curiosité potentielle, comme chez tout spectateur” constate Olivier Nahmias, programmateur pour les séances en plein air et les séances spéciales d’ “un été au ciné / cinéville”. “Le film peut être un excellent outil de dialogue. Il permet aux jeunes de prendre la parole, d’exprimer leurs sentiments, de rendre compte de leur réalité. Lorsqu’on leur propose des films à caractère social, par exemple, on leur donne l’occasion de nous parler d’eux, de leur vie, de leur quartier. Mais ce n’est pas le seul but des séances spéciales. Il s’agit d’abord d’ouvrir une fenêtre, d’aiguiser la curiosité, de laisser des traces.”
de NoSSnoSS.
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1. sissita Le 21/06/2008 à 15:49
2. mimi1 Le 22/06/2008 à 14:40
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